L'origine du projet

(c) Nicolás Rincón GilleMon père m’amenait à la campagne avec ses groupes d’étudiants d'antropologie.

C’était pour moi, une des rares occasions d’entendre parler les paysans, d’habitude silencieux et méfiants. Je me souviens des visites. Le bus dispersait les étudiants par groupes.

A la fin de la journée chacun devait arriver avec une légende enregistrée. Ils allaient dans les maisons des paysans. Souvent l’homme n’était pas à la maison mais il n’était pas très loin. Sa femme le rappelait sans trop nous parler. Puis il fallait faire un long travail pour les convaincre de nous raconter une légende. Ils refusaient souvent et il fallait insister pour y arriver.

Certes, ils étaient intimidés par notre arrivée en groupe. Mais surtout, une fois qu’ils commençaient à raconter, ils réveillaient quelque chose de sacré. La voix hésitante qui marquait un rythme propre et les gestes retenus et brusques ne racontaient pas des « légendes », mais des faits réels qui se mélangeaient avec un peu de mystère et de magie.

Celui qui croyait que tout ça était faux était invité à sortir la nuit dans les régions où tout ça c’était passé.

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